Pourquoi Facebook dépense 19 milliards de dollars pour WhatsApp

20 février 2014, par Jérôme Marin

rachat whatsappNous vous le disions récemment, l’offensive de Facebook sur mobile ne fait que commencer. Mercredi 19 février, le réseau social l’a une nouvelle fois prouvé en annonçant le rachat de WhatsApp, la populaire application de messagerie. Montant de l’opération: 16 milliards de dollars, plus 3 milliards en actions pour les fondateurs et les employés ! Un chiffre à comparer avec les 900 millions de dollars déboursés en début de semaine par le groupe japonais Rakuten pour acquérir Viber, une application concurrente.

Fondé en 2009, WhatsApp a rapidement conquis les utilisateurs de smartphones. C’est aujourd’hui « le service de messagerie le plus populaire dans le monde », selon Mark Zuckerberg. La start-up compte plus de 450 millions d’utilisateurs actifs par mois (dont 320 millions se servent du service chaque jour), contre 200 millions il y a à peine dix mois. Chaque jour, pas moins de 50 milliards de messages sont échangés sur sa plate-forme. Un nombre qui a été multiplié par 2,5 en dix mois. C’est presque autant que le nombre de SMS envoyés dans le monde.

Comme Instagram, que Facebook avait racheté pour environ 700 millions de dollars en 2012, WhatsApp va rester une entité indépendante. « Nous allons pouvoir passer plus de temps à bâtir un service de communications aussi rapide, abordable et personnel que possible », assure Jan Koum, le PDG et co-fondateur de la société. « Pour nos utilisateurs, rien ne changera », poursuit-il.

OFFENSIVE DANS LA MESSAGERIE

La messagerie est l’un des domaines considérés comme stratégiques par Mark Zuckerberg. Le réseau social dispose d’une application mobile, baptisée Messenger, qui regroupe ses services de chat et de messagerie. Après des débuts timides, elle figure désormais parmi les applications les plus populaires sur Android et iOS, les systèmes d’exploitation mobile de Google et Apple.

Cela n’a pas empêché la société de signer un très gros chèque. « WhatsApp et Messenger répondent à des besoins différents, assure le jeune patron de Facebook. Messenger n’est pas vraiment utilisé de manière instantanée mais davantage comme des e-mails envoyés entre amis Facebook. WhatsApp au contraire se rapproche des SMS ». La société explique ainsi qu’elle va « continuer à investir dans les deux produits ».

Contrairement à ses rivaux, WhatsApp n’est pas gratuit. Seul le téléchargement et la première année d’utilisation le sont. Il faut ensuite payer 99 centimes par an. La start-up n’a jamais publié son chiffre d’affaires, mais il doit être assez modeste. Bien loin en tout cas d’un niveau qui pourrait justifier, pour l’instant du moins, le prix de 19 milliards de dollars.

STRATÉGIE DÉFENSIVE

Mais ce qui intéresse Facebook, ce sont avant tout les utilisateurs. « Nous pensons que WhatsApp a le potentiel d’atteindre la barre du milliard « , assure M. Zuckerberg. Cela tombe bien, car la société s’est fixée comme objectif la conquête d’un milliard d’utilisateurs supplémentaires. Pour y parvenir, elle doit croître notamment dans les marchés émergents, sur lesquels WhatsApp est bien implanté.

Ce rachat s’inscrit aussi dans une logique défensive, la même logique qui avait déjà motivé l’acquisition d’Instagram. Cela permet à Facebook de neutraliser un concurrent qui pourrait potentiellement menacer son activité. Dans le même temps, le réseau remet la main sur ceux qui ont tendance à délaisser son réseau au profit des nouvelles plates-formes de communications.

Facebook assure vouloir se focaliser sur la croissance de la base d’utilisateurs de WhatsApp, et non sur la monétisation du service. « Je ne pense pas que les publicités soient le meilleur moyen de monétiser les services de messagerie », a d’ailleurs précisé M. Zuckerberg. Cela ne signifie pas pour autant que la société, cotée en Bourse, ne souhaite pas rentrer dans ses frais. Mais, comme avec Instagram, il s’agit d’un objectif à long terme.

« MOBILE FIRST »

Le rachat de WhatsApp s’intègre à la stratégie « mobile first » décrétée à l’été 2012 par M. Zuckerberg. Le premier enjeu était de doper l’audience sur smartphones et tablettes, de plus en plus utilisés au détriment des PC. Mission accomplie. Aujourd’hui, 945 millions de personnes se connectent chaque mois sur ces terminaux. Qui représentent désormais la majorité des recettes publicitaires.

La deuxième étape, confirmée publiquement fin janvier, consiste à développer l’offre d’applications, avec la création d’une équipe en interne chargée de travailler sur ces nouveaux projets. « L’objectif des trois prochaines années est de bâtir de nouvelles expériences de partage », avait alors expliqué M. Zuckerberg. Dès le lendemain, Facebook avait officialisé le lancement de son « reader », baptisée Paper. Comparable à Flipboard, il agrège différentes sources d’informations pour créer un journal personnalisé.

Pour toutes ces futures applications, le succès n’est cependant pas garanti. Facebook n’a jusqu’à présent jamais trouvé la formule pour sortir de son périmètre sur mobile. En témoigne l’échec cuisant de l’application Poke, censée rivaliser avec Snapchat. Ou encore celui de Home, son interface Android. C’est pour cette raison que le réseau social va aussi procéder par des acquisitions.

Il y a quelques mois, M. Zuckerberg en personne avait ainsi tenté de racheter Snapchat, le service de messages qui s’effacent au bout de quelques secondes. Il aurait proposé jusqu’à 3 milliards de dollars. En vain : ses avances avaient été rejetées. M. Koum n’a, lui, pas laissé passer cette opportunité.

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À propos PC AFRIQUE NEWS
Président de l'ONG CAMI AFRIQUE (Club des Amis de l'Informatique en Afrique) Ce blog est un espace d'information sur l'évolution des NTICs en Afrique et dans le monde en général.

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